• Trait d’union numéro 3 – mars 2018 – la lettre d’information de la fédération UDI de l’Hérault

  • [Vidéo] Déserts médicaux : déplacement de Jean-Christophe Lagarde à Clamecy (58)

  • Remaniement ministériel : des annonces, bientôt des faits ?

    A la suite du remaniement ministériel de ce matin, Françoise Gatel, sénatrice d’Ille-et-Vilaine et Philippe Laurent, maire de Sceaux et secrétaire général de l’Association des maires de France (AMF) saluent le regroupement des questions liées aux collectivités territoriales au sein du ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales. 

    L’actualité pour les collectivités locales est très dense et les chantiers sont complexes. Toute une série de dossiers sont en attente :

    –       la fin de la taxe d’habitation qui sera supprimée définitivement à partir de 2021 et dont on ne sait pas encore comment elle sera remplacée. C’est le dossier le plus complexe car il est porteur de grands risques pour l’autonomie communale ;

    –       le projet de loi qui rendra la scolarité obligatoire pour les enfants de 3 ans et qui aura des conséquences importantes pour les communes;

    –       la politique de la petite enfance et plus précisément le financement accordé par les caisses d’allocations familiales aux crèches municipales dans les années qui viennent ;

    –       le prélèvement sur les recettes des agences de l’eau, pourtant essentielles pour accompagner les collectivités dans la rénovation des réseaux ;

    –       le projet de loi de finances 2019 qui contient de nombreux pièges, etc.

    Pleinement engagés dans l’action publique et auprès de leurs concitoyens, les élus locaux demandent à véritablement négocier pour ces nombreux dossiers et souhaitent qu’un dialogue responsable s’engage rapidement avec le gouvernement.  

    La création de ce ministère peut être un premier pas. Françoise Gatel et Philippe Laurent sont maintenant dans l’attente de voir les attributions détaillées et notamment quelles administrations seront rattachées aux différents ministres.

     

     

     Françoise Gatel et de Philippe Laurent,  

    Secrétaires nationaux UDI en charge des collectivités territoriales  

     

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  • Jean-Philippe Dugoin-Clément : « Rapport du GIEC : Toute marque de faiblesse de nos dirigeants serait criminelle au regard de l’humanité »

    Paris, le 8 octobre 2018

     

    Communiqué de presse de Jean-Philippe Dugoin-Clément,

    Secrétaire national UDI en charge de l’écologie

     

     

    « Rapport du GIEC : Toute marque de faiblesse de nos dirigeants serait criminelle au regard de l’humanité »

    Les conclusions du rapport du GIEC présentées ce matin rappellent une fois encore l’urgence de la situation et la nécessité de prendre des mesures concrètes à la hauteur des enjeux.

    Le sursaut sera forcément planétaire ou ne sera pas ! Il en va de la responsabilité individuelle et collective de tous les Etats.

    En juin 2017, suite à la décision des Etats-Unis de sortir de l’Accord de Paris sur le climat, notre Président, Emmanuel Macron, lançait le désormais célèbre « make our planet great again », positionnant ainsi la France comme leader de la cause environnementale à l’échelle internationale.

    Hélas, un peu plus d’un an après,  on est encore loin du compte : démission fracassante de Nicolas Hulot, recul sur la question de l’interdiction du glyphosate, faiblesse des budgets alloués à l’environnement …

    A très brève échéance, je souhaite que le prochain remaniement soit l’occasion pour le Président de la République de donner des gages d’une réelle prise de conscience. Comme ne cesse de le répéter la communauté scientifique internationale, l’urgence climatique doit être LA priorité.

    Toute marque de faiblesse de la part de nos dirigeants serait purement et simplement criminelle au regard et pour l’avenir de l’humanité.

     

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  • « Je suis pour un septennat, pour que le Président puisse se charger du temps long. »

  • La Seine-Saint-Denis aspire au respect de la promesse républicaine

  • L’élection européenne n’est pas le match retour de l’élection présidentielle !

  • Philippe Gomès invité de La 1ère sur le référendum en Nouvelle-Calédonie.

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  • Sommet européen : un nouvel échec des chefs d’État mais un espoir démocratique

    Communiqué de James Chéron

    Secrétaire national aux affaires européennes

    Une nouvelle fois les dirigeants européens n’ont pas réussi à avancer sur les deux sujets majeurs de l’actualité européenne : le Brexit et la protection des frontières extérieures.

    Sur le Brexit, l’UDI réaffirme une position intransigeante face aux blocages générés par le gouvernement britannique. En particulier, le « filet de sécurité » entre Grande-Bretagne et Irlande-du-Nord est indispensable pour ne pas rétablir des postes frontières entre République d’Irlande et Irlande-du-Nord, option inenvisageable si l’on veut éviter une nouvelle guerre irlandaise. En choisissant de quitter l’Union européenne, le Royaume-Uni ne peut imposer ses conditions et conserver d’avantages – par exemple douaniers – sans contreparties. L’UDI confirme son entière confiance en Michel Barnier, négociateur européen du Brexit.

    Concernant la protection des frontières, les erreurs du passé doivent éclairer le chemin. En supprimant les frontières intérieures à l’espace Schengen, les dirigeants européens de l’époque ont commis l’erreur de ne pas protéger les frontières extérieures. En matière de migrations, l’échec réside donc en « l’absence d’Europe ». L’UDI propose de renforcer massivement l’action de Frontex pour qu’un véritable corps de garde-frontières européens sécurise la frontière extérieure de l’espace Schengen, d’établir des « centres d’accueil » en Europe et quand cela est possible dans les pays de départ pour traiter humainement les migrants en des lieux précis et décents, d’unifier les règles d’asile et d’instruire les demandes en 3 mois afin d’accepter ou reconduire à la frontière les migrants dans des délais raisonnables.

    Ce sommet a le mérite de poser clairement les sujets européens sur la table de la campagne électorale qui s’ouvre. Pour la première fois depuis longtemps, la campagne européenne va se jouer sur des enjeux européens, n’en déplaise aux populistes français, dépassés par les événements, qui voudraient en faire un référendum pour ou contre le Président de la République qui, quoi qu’il arrive, sera toujours Président au lendemain de cette élection.

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  • Les majorités monolithiques commettent des erreurs. Être capable d’écouter n’est pas rester impuissant.

    INTERVIEW – Jean-Christophe Lagarde, coprésident du groupe UDI, Agir, Indépendants à l’Assemblée nationale, a ouvert les portes de l’UDI à Frédérique Dumas après l’annonce, dimanche, de son départ du groupe LaREM.

    Lire l’interview sur Le Figaro

    LE FIGARO. – Comment comprenez-vous le retour de Frédérique Dumas à l’UDI?

    Jean-Christophe LAGARDE. – Elle a déjà été membre de l’UDI. C’est une femme dont l’engagement est toujours entier. Elle m’a expliqué combien il était difficile pour elle de défendre son point de vue au sein de La République en marche et qu’elle envisageait de changer de groupe politique. Je l’ai accueillie tout naturellement.

    Peut-on y voir autre chose qu’un «retour au bercail»?

    Cela traduit le malaise d’un certain nombre d’élus locaux et de parlementaires. On voit revenir des gens UDI et des gens que nous n’avions jamais vus avant. Des gens qui voudraient que le quinquennat soit un succès mais qui ont le sentiment de ne pas être entendus, écoutés et considérés. Ils se tournent vers nous avec le sentiment justifié de pouvoir défendre ce qu’ils croient car chez nous, les décisions sont prises collectivement.

    Un certain nombre de gens, qui se sont engagés avec Emmanuel Macron, veulent mettre en adéquation leurs convictions et leurs pratiques politiques. Que Frédérique Dumas veuille apporter aussi ses idées dans le groupe de réflexion de Xavier Bertrand me semble positif. Cela n’augure pas de rapprochements même si j’ai toujours dit que Xavier Bertrand était quelqu’un avec qui nous pouvons travailler, ce que nous faisons tous les jours dans les Hauts-de-France.

    Mme Dumas a précisé qu’elle ne quittait pas Macron mais LaREM…

    Elle a le même état d’esprit que nous. Si le quinquennat est un échec, ce seront d’abord les Français, notamment les plus fragiles, qui en paieront les pots cassés. Cela nous met aussi en grand danger parce qu’une alternative populiste et démagogue nous pend au nez.

    Chez vos partenaires d’Agir, Frédéric Lefebvre plaide pour une alliance immédiate avec la majorité pour les européennes. Votre avis?

    Agir vient d’avoir un congrès fondateur. Il y a un débat à l’intérieur sur la stratégie. C’est bien légitime car les partis où l’on ne débat pas sont des partis morts. Maintenant, ils feront leur choix selon le calendrier qui leur conviendra. S’ils souhaitent nous accompagner dans une campagne européenne, je n’y verrai pas d’objection.

    Quel est le bon calendrier pour l’UDI?

    Janvier 2019, à cinq mois de l’échéance. Au moment où les Français commenceront à s’intéresser aux élections.

    Au MoDem, on entend de plus en plus de critiques à l’égard du pouvoir. Comment analysez-vous
    cette évolution?

    La première année de mandat a été celle des occasions manquées. Nous représentons ceux qui ont voté Macron au 2e tour et pas au 1er mais nous n’avons pas été entendus, contrairement aux promesses faites. La réaction du MoDem montre qu’une partie de ceux qui ont voté Macron au 1er tour n’ont pas été écoutés non plus. Les majorités monolithiques commettent des erreurs que l’on pourrait éviter. Être capable d’écouter n’est pas rester impuissant.

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  • Frédérique Dumas : « Je ne quitte pas Emmanuel Macron, je quitte La République En marche. »

    La lettre de Frédérique Dumas, après son départ de LREM pour rejoindre l’UDI. 

    Lire le texte sur le site officiel de Frédérique Dumas

    Chère concitoyenne, cher concitoyen,

    J’ai pris les lourdes décisions de quitter le groupe parlementaire de la majorité La République En marche (LaREM), de rejoindre l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI) présidée par Jean-Christophe Lagarde et ainsi le Groupe UDI/Agir à l’Assemblée nationale, de travailler avec Xavier Bertrand, actuel Président du conseil régional des Hauts-de-France et de rejoindre son club de réflexion « La Manufacture ».

    Je ne quitte pas Emmanuel Macron, je quitte La République En marche

     Mon élection comme députée de la treizième circonscription des Hauts-de-Seine m’oblige et je me dois donc de vous donner, à chacune et à chacun, une explication approfondie de ce choix.

    Il s’agit, bien sûr, de l’expression de déceptions profondes et les raisons de ce choix de quitter la majorité, que je fais avec tristesse, sont toutes mûrement réfléchies. Il n’y en a pas de légères. Ce sont des décisions prises avec calme et détermination.

    J’ai fait part depuis des mois, et cela à tous les niveaux, de mes inquiétudes, puis de mes incompréhensions. Je n’ai pas été entendue. J’ai exprimé par ailleurs certains de mes désaccords publiquement. On me l’a reproché. Les échanges que j’ai voulu directs et francs avec les uns et les autres ces dernières semaines, ont achevé de me convaincre.

    Je ne remets en cause ni l’esprit, ni le sens du  programme sur lequel vous m’avez élue. Il est hors de question pour moi d’occulter le travail remarquable qui a pu être mené par la plupart des Ministres et de mes collègues député.e.s. Les avancées sont nombreuses.

    Mon souhait absolu est que le Président de la République et qu’à travers lui la France, réussisse.

    Mais à un an du début du quinquennat, alors qu’il est encore temps, il m’a paru vital de tirer la sonnette d’alarme, de dire des choses fortes sans faux semblants.

    Non seulement il semblait de plus en plus difficile aux uns et aux autres de comprendre le sens de notre action, mais cette volonté affichée et assumée de confondre vitesse et précipitation, de refuser les mains tendues sous la pression médiatique et par peur de se voir reprocher l’inaction, nous a conduit à mal mesurer l’atterrissage ultérieur de certaines de nos décisions.

    Il était donc devenu  inimaginable pour moi de ne pas contribuer à l’émergence de contrepouvoirs constructifs permettant de jouer ce rôle de garde-fous.

    Il y a quelques mois encore je n’imaginais pas que la construction de garde-fous extérieurs serait nécessaire car nous serions incapables d’imaginer et de concevoir nos propres contrepouvoirs à l’intérieur même de la majorité, incapables tout simplement de mettre en place l’ADN du « macronisme » avec ses deux fondamentaux :

    • « Donner du sens » afin de se projeter et de partager, et mettre en place une « méthode », celle qui laisse la place nécessaire aux échanges d’idées et au débat, sans tomber dans l’impuissance. Celle qui permet ainsi une « vraie » concertation autour de diagnostics partagés, si ce n’est par tous, au moins par le plus grand nombre, qui se nourrit des expériences, du vécu, celle qui laisse place à la véritable expérimentation, pas celle uniquement destinée à habiller des décisions prises d’avance.
    • Enfin la coopération, qui est l’essence même du monde interconnecté et interdépendant dans lequel nous entrons, celle qui permet de démultiplier les solutions et de faire levier.

    La seule méthode à même d’atteindre, dans le réel, les objectifs fixés lorsque nous nous sommes présentés devant vous : la réductions de toutes les fractures (culturelle, territoriale, sociale, économique, etc.), l’émancipation et la cohésion.

    Alors je fais ce choix, peut-être atypique d’illustrer ma démarche par deux exemples précis concernant des sujets sur lesquels j’étais moi-même investie du fait de mes expériences : L’avenir de l’audiovisuel public et l’éducation artistique et culturelle.

    En tant qu’ancienne productrice de cinéma, j’ai la conviction que ce qui est profondément vrai pour une personne est par essence universel.

    Le succès de l’un des films emblématiques que j’ai co-produit « The Artist » en témoigne.

    Le Président avait indiqué lors de ses vœux à la presse qu’il voulait que « les parlementaires qui sont très attachés à cette idée de service public puissent participer au grand travail de réflexion sur l’audiovisuel public ». C’est ainsi que s’est constitué dès janvier  un groupe de travail de la majorité que j’avais la charge de coordonner.

    Le travail de fond que nous avons mené a donné lieu, à l’issue d’une grande concertation avec les acteurs du secteur, à un rapport cosigné par six autres députés. Or, ce travail qui constituait autant d’outils et d’aide à la décision, reposant sur des données objectives et bien réelles, qui redonnait par ailleurs du sens et de l’ambition à notre volonté de transformation a tout simplement été balayé du revers de la main par le Premier Ministre. Il n’y a eu aucun débat, aucune discussion, aucun échange.

    La raison en est toute simple, les décisions prises depuis longtemps par l’exécutif, ne faisaient qu’habiller des économies budgétaires et des redéploiements de l’ordre de 400 millions d’euros d’ici 2022 à qui l’on donnait une apparence de modernité en choisissant d’annoncer la bascule d’une chaîne hertzienne gratuite pour enfants, sans publicité, sur le tout numérique au mépris de toutes les analyses des usages, au mépris même des exemples étrangers et rompant ainsi avec l’égalité territoriale.

    Etait par ailleurs annoncée brutalement en plein été et sans réelle concertation, la bascule de la chaîne des Outre-mer sur le tout numérique sans qu’aucune garantie concrète voire réaliste ne soit apportée sur la « visibilité » de programmes ultra marins, promise sur les autres chaînes généralistes.

    Pointant les erreurs du passé, grâce notamment aux éléments fournis par la Cour des comptes, notre rapport démontrait l’incohérence totale des économies budgétaires telles qu’envisagées.

    De par son mode de financement, le service public appartient à chacune et chacun d’entre vous. Si ces décisions étaient maintenues, c’est pourtant bien une forme d’implosion du service public de l’audiovisuel que nous avons programmée et une fragilisation de tout l’écosystème en conséquence.

    Il me semblait essentiel d’assumer dévoiler au grand jour les conséquences plus que certaines des décisions prises dans l’opacité la plus totale, que ce soit vis à vis de la représentation nationale ou de chacune et chacun d’entre vous, sachant que les effets sur votre télévision ne pourront se faire véritablement sentir que dans un an.

    L’audiovisuel public est au cœur de notre projet de société, au cœur de la souveraineté nationale face à la mondialisation. Il est au cœur du modèle européen que nous appelons de nos vœux, celui de la liberté d’expression et du pluralisme, au cœur du financement de la création dans sa diversité, donc au cœur de la préservation de la liberté de choix, en résumé au cœur de la démocratie.

    Nous nous devons de le rendre plus fort et plus attractif pour l’ensemble des citoyens.

    Le deuxième exemple que je souhaite étayer porte sur l’éducation au sensible. L’éducation artistique et culturelle est un sujet majeur dont le Président de la République a fait une priorité, toujours dans le triple objectif de réduction des fractures, d’émancipation et de cohésion. Or, rien n’avance de manière significative non plus dans ce domaine malgré les efforts déployés par le Ministre de l’Education. Jean-Michel Blanquer avait en effet souhaité me confier une mission sur l’éveil musical dès le plus jeune âge dès l’automne 2017, avec la conviction que pour que la réduction des fractures soit effective, il était nécessaire de s’appuyer sur les conclusions des recherches scientifiques récentes relatives à la relation entre cerveau et musique.

    La lettre de mission gouvernementale qui devait officialiser ce travail est restée plusieurs mois sur le bureau du Premier Ministre jusqu’à ce que l’on m’informe que je n’obtiendrais pas sa signature car cela signifierait « récompenser une frondeuse ». Ma décision de finalement  m’abstenir sur la proposition de loi relative à la lutte contre la manipulation de l’information (« Fake news ») car je la considérais floue juridiquement et donc contre productive m’a, par la suite, définitivement rangée dans cette catégorie de « frondeuse » aux yeux de l’exécutif.

    N’ayant définitivement pas une âme de « frondeuse », ne souhaitant pas me laisser condamnée à l’impuissance, ne pouvant accepter une mission, même si elle me tient profondément à cœur,  en échange de mon silence, comme il m’était implicitement demandé, je n’avais qu’un seul choix : partir.

    Enfin, de manière plus générale, la possibilité de mettre le projecteur sur le vide abyssal en matière de politique culturelle qui n’est tout simplement plus acceptable, est l’un des moteurs de mes décisions.

    De nombreux chantiers ont été ouverts, aucun n’a abouti, beaucoup sont au bord de l’implosion. Corporatismes et conservatismes sont pointés du doigt alors qu’il s’agit tout simplement d’amateurisme ou de cynisme de la part des personnes en charge du pilotage. Notre programme était suffisamment ouvert pour relever ce défi, il y avait tout l’espace pour inventer. Malheureusement c’est cette ouverture, ce « flou » assumé qui a provoqué ce vide abyssal en matière de culture.

    C’est pour ces multiples raisons que je souhaite continuer à agir politiquement, sortir de l’impuissance, retrouver une marge d’action réelle et me rendre utile : émettre des propositions dans le domaine culturel et, en priorité, proposer une méthode. Je rejoins donc l’UDI présidé par Jean Christophe Lagarde où je prendrai en charge la réflexion sur les médias et la culture et qui me permettra de retrouver espace de travail, de concertation et de liberté.

    Le message que je souhaite envoyer est très clair, c’est la marque de fabrique du Groupe UDI/AGIR : pas d’opposition systématique qui ne ferait que nourrir les radicalités, Il s’agit de loyauté envers les objectifs que nous nous sommes fixés lorsque je me suis présentée devant vous.

    C’est aussi pour cela que je choisis de rejoindre La Manufacture, le laboratoires d’idées, de décryptage et d’expérimentation de Xavier Bertrand qui a choisi de redevenir un homme libre, sans attache partisane.

    Aussi parce qu’il considère que l’anti-macronisme n’est pas une solution pour la France.

    Enfin, mon choix s’appuie sur un constat majeur : depuis le début du quinquennat, LaREM a vidé de son sens sa promesse de construire avec d’autres sensibilités, alors qu’une majorité devenue omnipotente ne peut par nature, et de ce fait, représenter à elle seule le pluralisme. Il me paraît en effet indispensable d’ « élargir » afin de trouver des alliés qui ont confiance en la majorité à la fois pour relever les grands défis du futur, dont le défi européen, mais aussi pour résister en cas d’intempéries.

    Il est hors de question pour moi que je vive à nouveau la construction d’une forme de parti unique, porteur cette fois-ci non pas d’une idéologie de droite ou d’une idéologie de gauche, mais d’une idéologie de la transformation où la technocratie et le cynisme prennent le pouvoir et qui ne peut que nourrir, lentement mais sûrement  les exaspérations.

    Enfin, le facteur déclencheur de mon départ est notre promesse non-tenue en ce qui concerne l’exemplarité qui est, selon moi, le fondement de la confiance. Sans confiance, il n’y a pas d’ambition possible. Sans confiance, on ne peut ni construire, ni avancer, ni entraîner.

    Alors bien sûr, chacun défend sa propre conception de l’exemplarité, très « élastique » en France. Mais tout est porteur de sens. Il ne s’agit pas seulement de légal ou d’illégal. Il s’agit de nos comportements. A mes yeux, si l’exemplarité n’est pas absolue, nous devons tout faire pour tendre vers des comportements qui reposent tout simplement sur des décisions de bon sens, dont chacun peut intimement comprendre les ressorts. Y compris parce que nous ne sommes pas infaillibles, exiger que cette exemplarité sous-tende toute action me paraît essentiel en politique. Nous nous devons de donner l’exemple, de montrer le chemin, quel qu’en soit le prix.

    Etant arrivée à la conclusion que je ne pouvais ni empêcher ni dénoncer l’irrémédiable de l’intérieur, je n’avais pas d’autre solution que de me faire entendre de l’extérieur. Il était tout simplement inimaginable pour moi de laisser ainsi, sans réagir, la possibilité d’ouvrir un boulevard aux discours radicaux et simplificateurs qui se nourrissent de la crise de confiance entre gouvernants et gouvernés, de la précarité bien réelle, et des situations anxiogènes dans lesquels aucun avenir ne se dessine.

    Certains me reprocheront peut-être la longueur de ce courrier, mais il était important pour moi que chacune et chacun d’entre vous puisse comprendre de manière intime et détaillée ce choix qui est le mien.

    J’ai choisi d’être fidèle à mes convictions, d’être loyale aux objectifs ambitieux pour lesquels je me suis engagée auprès de vous.

    J’en profite pour évoquer un passage du livre d’Emmanuel Macron dans son ouvrage « Révolution », reprenant un extrait de la lettre de guerre d’un compagnon de la Libération avant sa mort à la tête de sa division : «Nous ne pouvons utiliser notre intelligence à trouver des raisons d’accepter ». C’est ce que j’ai décidé de faire : ne pas accepter de trahir mon idéal.

    Je continuerai, dans ce mandat qui est le mien, auprès de chacune et chacun d’entre vous, à porter cet idéal sans relâche et à rester à votre écoute.

    Frédérique DUMAS

    Députée de la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine

    Vice-présidente de la commission des Affaires culturelles et de l’Education

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