• « Taxe d’habitation : de la difficulté de mettre en oeuvre les réformes »

    Tribune de Laurent Lafon

    La réforme de la Taxe d’habitation est le premier faux pas d’Emmanuel Macron. Annonce de campagne lancée pour séduire un large électorat, elle s’avère compliquée à mettre en œuvre et aujourd’hui personne ne sait quelle en sera l’issue. Une chose est certaine, on peut dès aujourd’hui annoncer qu’elle sera probablement coûteuse pour l’Etat. Le « nouveau monde » en utilisant les mêmes pratiques que « l’ancien monde » aboutira probablement au même résultat : une réforme peu lisible et surtout coûteuse pour l’Etat !

    Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a annoncé la suppression de la Taxe d’habitation pour 80% des contribuables. L’objectif recherché était clairement d’adresser un message à la classe moyenne avec une mesure favorable en terme de pouvoir d’achat. Pour rassurer les collectivités, il est annoncé que le manque à gagner pour les collectivités sera compensé par l’Etat.

    Si la mesure est reçue très positivement par les contribuables, elle soulève en revanche une fronde des élus locaux, toutes tendances confondues, qui se voient ainsi priver d’une recette fiscale essentielle dans un paysage financier contraint depuis plusieurs années et l’annonce d’une compensation financière est loin de rassurer – au contraire.

    Une fois l’élection présidentielle passée, vient le temps de la mise en œuvre et c’est là que le principe de réalité prend le dessus sur les promesses de campagne ! Depuis l’ élection, la réflexion du Président a sensiblement évolué car plusieurs difficultés sont en effet apparues.

    Quel est le sens d’un impôt qui ne serait payé que par 20 % des contribuables (sans parler de sa légalité au regard du principe d’égalité des contribuables devant l’impôt) ?

    Supprimer la Taxe d’habitation permet d’accroître le pouvoir d’achat des Français de 20 milliards certes mais compenser la perte de revenus pour les collectivités constitue une nouvelle dépense de 20 milliards pour l’Etat ! Alors que l’Etat est contraint par l’Union européenne de diminuer fortement les dépenses publiques, ce n’est sans doute pas le meilleur message envoyé à Bruxelles …

    Les collectivités jouent un rôle moteur dans notre pays, pas seulement sur le plan démocratique et social, mais aussi sur le plan économique à travers la commande publique et l’investissement public. Que deviennent des secteurs comme le logement, les travaux publics pour ne citer qu’eux si les collectivités diminuent leur investissement ? Et pour éviter cela, elles ont besoin d’une ressource fiscale dynamique et pérenne.

    Et c’est ainsi, qu’après un été et un automne marqués par des relations tendues avec les élus, le Président de la République a annoncé finalement la suppression totale de la TH … avant son remplacement par un nouvel impôt affecté aux collectivités.

    Oui mais le principe de réalité ne s’arrête pas là.

    Supprimer un impôt pour le remplacer par un autre impôt n’entraîne pas le gain de pouvoir d’achat annoncé. C’est une solution inenvisageable pour le contribuable, pour lequel, rappelons le, la réforme a été voulue.

    Seul le transfert d’un impôt d’Etat existant répond à l’ensemble des critères. Une telle solution n’est pas une hypothèse d’école. L’Etat la met en oeuvre actuellement avec le transfert d’une partie de la TVA aux régions pour permettre à ces dernières de financer les nouvelles compétences dans le domaine économique.

    Elle n’a donc rien d’absurde, elle présente même bien des avantages. La neutralité pour les contribuables, qui n’ont pas à supporter une imposition supplémentaire, et l’autonomie pour les collectivités, qui ne sont plus dépendantes de l’Etat et de ses difficultés financières.

    Alors, quel est l’impôt d’Etat dont le montant est au moins de 20 milliards (montant actuel de la TH), qui peut être « territorialisé » pour maintenir le lien entre le contribuable et le territoire ?

    A bien y regarder, il n’en existe pas tant que ça, il n’en existe même qu’un : l’impôt sur le revenu.

    L’histoire pourrait donc bien se terminer pour les collectivités. Elles pourraient ainsi récupérer une partie de l’impôt sur le revenu, impôt dynamique, dont le principe n’est pas contesté.

    Ca ne serait pas le cas en revanche pour l’Etat. En transférant 20 milliards de recettes, l’Etat doit trouver 20 milliards d’économies ou prendre le risque d’augmenter la dette publique.

    Finalement, le « nouveau monde » risque d’être victime comme « l’ancien » de ses promesses de campagne. Une fois l’élection passée, elles buttent sur le principe de réalité et aboutissent, comme souvent, sur la facilité budgétaire qui consiste à les financer par une augmentation des dépenses publiques et l’accroissement des déficits publics.

    Voir l’article complet sur le site de l’UDI : « Taxe d’habitation : de la difficulté de mettre en oeuvre les réformes »

  • Décès de François Régis Hutin : réaction de Jean-Christophe Lagarde, Président de l’UDI

    Communiqué de Jean-Christophe Lagarde
    Paris, le 11 décembre 2017

    Homme de presse avec le même H majuscule que celui d’Humaniste, François Régis Hutin nous a quittés. Journaliste, reporter et éditorialiste aux convictions affirmées, il a permis au journal Ouest-France de devenir le premier quotidien français.

    Européen convaincu, François Régis Hutin a toujours su défendre avec des mots choisis et ciselés le respect de la personne humaine, ce qui faisait de lui sans aucun doute l’éditorialiste le plus engagé de la presse française.

    A sa famille, aux salarié du Groupe Ouest-France je veux présenter mes condoléances et leur redire combien François Régis Hutin a œuvré dans la lignée de son grand père et de son père pour défendre des valeurs qui méritent plus que jamais d’être portées avec la même conviction à la Une de nos quotidiens.

    Voir l’article complet sur le site de l’UDI : Décès de François Régis Hutin : réaction de Jean-Christophe Lagarde, Président de l’UDI

  • « Les positions de Laurent Wauquiez s’éloignent tellement de nos convictions que je ne vois pas quel centriste pourrait accepter sa main tendue. »

    «Il n’y aura plus d’alliance avec les Républicains»

    Laurent Wauquiez a tendu cette semaine la main aux alliés centristes. Vous lui répondez quoi ?
    Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI. Les positions qu’il prend depuis des années, et plus encore depuis deux-trois ans, s’éloignent tellement de nos convictions que je ne vois pas quel centriste pourrait accepter cette main tendue.

    L’UDI a toujours été une alliée de la droite. Si Wauquiez l’emporte, la rupture sera définitive ?
    Nous savons tous que Laurent Wauquiez sera élu, et son positionnement politique n’est pas compatible avec le nôtre. Il a refusé de faire battre Le Pen. Il est dans une obsession identitaire et dans un discours antieuropéen. Ce qui revient à incarner l’ultradroite, en tout cas pas la droite humaniste dont l’UDI fut l’alliée. Je le dis très clairement : il n’y aura plus d’alliance avec les Républicains en tant que parti. Ce n’est plus possible. Ce qui n’empêchera pas de travailler avec des personnalités qui partagent nos valeurs.

    C’est-à-dire ?
    Il y a des élus locaux, comme Christian Estrosi, Dominique Bussereau, Valérie Pécresse ou encore Xavier Bertrand qui sont des gens aux valeurs compatibles avec nous car leur vision de la droite est gaulliste ou chiraquienne.

    Mais pour faire quoi ? Un grand mouvement central peut-il émerger ?
    Je pense qu’avec les personnalités que je viens de citer, comme avec les nouveaux mouvements qui se réclament de cette droite humaniste, nous pouvons reconstruire quelque chose de solide qui ne soit pas dans l’anti-Macron primaire. L’UDI est en tout cas prête à travailler avec eux. Je propose même qu’à partir de début 2018 nous organisions ensemble des états généraux de reconstruction du centre et de la droite.

    Vous faites donc le pari de l’implosion des Républicains ?
    Je n’en fais pas le pari, je la constate. En 2002, l’UMP a été une tentative d’incarner la droite et le centre. A partir de 2008, ce n’est devenu progressivement que la droite. Aujourd’hui, les Républicains s’enferment dans l’ultradroite que représente Laurent Wauquiez. Cette évolution pousse beaucoup de gens à s’organiser autrement pour conduire un combat politique conforme à leurs valeurs. Regardez le parti de maires autour de Christian Estrosi ou Agir, avec qui nous travaillons à l’Assemblée.

    Si Wauquiez change de ton, vous ne croirez donc pas qu’il peut être sincère ?
    Il ne peut pas tenir en même temps un discours destiné à séduire l’extrême droite et vouloir attirer les centristes. Ce n’est pas compatible, et même pas crédible. Nous ne pouvons pas travailler avec quelqu’un capable de dire tout et son contraire juste pour être élu.

    Lire l’interview sur LeParisien.fr

    Voir l’article complet sur le site de l’UDI : « Les positions de Laurent Wauquiez s’éloignent tellement de nos convictions que je ne vois pas quel centriste pourrait accepter sa main tendue. »

  • Communiqué d’Hervé Marseille suite au discours du Président de la République au Congrès des maires

    Communiqué d’Hervé Marseille, Président du groupe Union Centriste au Sénat
    Paris, le 23 novembre 2017

    « Au Congrès des Maires de France, le Président de la République a pris 3 engagements, celui de préserver les moyens financiers des collectivités, de leur garantir une plus grande autonomie et de les accompagner sur les grandes transitions.

    On ne peut qu’y souscrire et saluer l’implication du Président de la République, d’autant plus que celui-ci a appelé à plus de concertation et de dialogue, ce qui a cruellement manqué au cours des derniers mois, ainsi qu’il l’a reconnu.

    Simplification, innovation, déconcentration, clarté, responsabilité, nous serons particulièrement attentifs à ce que le Président de la République et l’ensemble du gouvernement respectent ces objectifs, tout particulièrement lors de la préparation des réformes évoquées en matière de finances locales, d’assainissement et sur le logement.

    Nous serons aux côtés du gouvernement dans cette volonté de réforme mais nous serons un partenaire engagé et vigilant. Telle sera la ligne de conduite du groupe Union Centriste lors de la prochaine Conférence des territoires et tout au long de l’élaboration de ces projets, en étant les porte-voix des acteurs de premier rang que sont les Elus territoriaux ».

    Voir l’article complet sur le site de l’UDI : Communiqué d’Hervé Marseille suite au discours du Président de la République au Congrès des maires

  • #LaVilleAuxDames : l’appel de Sophie Auconie et Annick Billon

    Communiqué de Sophie Auconie et Annick Billon
    Paris, le 22 novembre 2017

    lavilleauxdames

    Nos villes sont genrées. Elles sont aux hommes. Tout en témoigne. Qu’ils s’agissent des pavés de nos rues à nos bouches de métros, à chaque coin de rue nous cherchons la place de la femme.

    Le constat est sans appel : 6%, c’est la proportion que l’Histoire a laissée aux femmes illustres pour la dénomination de nos rues. Est-ce si grave ? Oui, car le nom de nos rues souligne la gratitude et la distinction de la Nation envers des esprits qui ont marqué notre société.

    Alors non, la place des femmes dans l’espace public n’est pas accessoire. Non, nos pères fondateurs n’étaient pas que des hommes.

    Olympe de Gouges rêvait que dans les siècles futurs nous placions le nom des femmes au rang de ceux des plus grands hommes. C’est pourquoi je propose que chaque commune de France, s’engage en faveur de l’égalité sur l’espace public en baptisant du nom d’une femme, une rue : la ville aux dames.

    Alors que cette année, nous avons connu la disparition de Simone Veil, à titre personnel, c’est la mémoire de cette grande dame que je choisirai d’honorer.

    C’est avec conviction que je porterai cette initiative auprès de Madame Brigitte Macron à l’occasion de la Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, ainsi qu’à Madame la Ministre Marlène Schiappa lors du Colloque sur la Culture du Viol organisé ce jour.
    Sophie AUCONIE – Députée de l’Indre-et-Loire, Vice-présidente de l’UDI en charge de la féminisation et des nouveaux talents

    Annick BILLON – Sénatrice de la Vendée, Présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat

    Voir l’article complet sur le site de l’UDI : #LaVilleAuxDames : l’appel de Sophie Auconie et Annick Billon

  • La commission de la culture du Sénat demande l’organisation d’un débat sur l’avenir de l’audiovisuel public

    Communiqué de Catherine Morin-Desailly
    Paris, le 21 novembre 2017

    Réunie mercredi 15 novembre, la commission de la culture, de l’éducation et de la communication a procédé à l’examen des crédits affectés à l’audiovisuel au sein du projet de loi de finances pour 2018.

    Comme l’a résumé Catherine MORIN-DESAILLY (UC – Seine-Maritime), Présidente de la commission, « la question de l’avenir de l’audiovisuel public mérite un vrai débat. Les ajustements budgétaires décidés dans le cours de l’été ont renforcé les inquiétudes sur le devenir d’un écosystème en pleine transformation. A l’heure où le digital bouleverse les usages, les métiers ainsi que les modèles économiques, le Gouvernement se doit de définir ce qu’il attend de l’audiovisuel public.

    Maintenant que les échéances électorales sont passées, il est urgent de s’attaquer à une réforme en profondeur visant à renforcer le rôle, la légitimité et l’efficacité de l’audiovisuel public ».

    En demandant un débat qui pourrait être organisé courant janvier 2018, la commission de la culture, de l’éducation et de la communication entend engager la nécessaire réflexion sur l’avenir de l’audiovisuel public et obtenir des réponses du Gouvernement. Au delà de la mission particulière du service public, à repréciser dans le cadre d’un paysage audiovisuel public diversifié et lui-même en plein questionnement, trois sujets essentiels doivent être abordés : la gouvernance, le financement et l’évolution des structures.

    Ce débat doit permettre de dessiner les contours d’une réforme systémique que le Sénat appelle de ses vœux !

    Voir l’article complet sur le site de l’UDI : La commission de la culture du Sénat demande l’organisation d’un débat sur l’avenir de l’audiovisuel public

  • « Nous sommes favorables à des listes nationales pour les élections européennes. L’UDI a vocation à conduire une liste. »

  • Stéphane Demilly interpelle le gouvernement sur l’Europe de la Défense

    Communiqué de Stéphane Demilly
    Paris, le 14 novembre 2017

    Lors de la séance de questions au gouvernement de ce mardi, Stéphane Demilly, Député de la Somme, a interpellé le Premier ministre sur la construction d’une Europe de la Défense dans un contexte international bouleversé. Hier, à Bruxelles, 23 Etats européens ont signé une « lettre d’intention » pour une « coopération structurée permanente » en matière de défense.

    « Au durcissement souvent pulsionnel et imprudent de l’administration Trump sur la scène internationale, nous devons apporter une réponse européenne réfléchie et construite !

    La mise en synergie de nos efforts de défense offrirait aux Européens une protection à la hauteur des craintes que nous pouvons légitimement avoir pour la stabilité et la paix internationale »  a-t-il notamment déclaré.

    La vidéo de la question et de la réponse est disponible sur le site de l’Assemblée nationale : http://ift.tt/2yZeXg9

    Voir l’article complet sur le site de l’UDI : Stéphane Demilly interpelle le gouvernement sur l’Europe de la Défense

  • Les « Députés du Canal Seine-Nord » ont auditionné Xavier Bertrand

    Communiqué de Stéphane Demilly
    Paris, le 8 novembre 2017

    Stéphane Demilly, Député de la Somme, a réuni hier à l’Assemblée nationale, les « Députés du Canal » afin d’auditionner Xavier Bertrand, Président de la région des Hauts-de-France et Président du Conseil de surveillance de la Société de projet du Canal Seine-Nord Europe.

    « Nous avons fait le point sur les dernières avancées du projet, sur les échanges qui se tiennent actuellement entre les collectivités et l’Etat concernant le plan de financement, mais aussi sur l’actualité législative à venir. La Société de projet du Canal Seine-Nord est en effet un Etablissement Public d’Etat qu’il convient de transformer en établissement public local afin de permettre aux collectivités de porter le projet directement. Les « Députés du Canal » s’engageront donc sur les textes qui permettront de faire avancer ce beau dossier ! »  a déclaré Stéphane Demilly à l’issue de la réunion.

    Voir l’article complet sur le site de l’UDI : Les « Députés du Canal Seine-Nord » ont auditionné Xavier Bertrand

  • Tribune : « J’aurais aimé pouvoir voter le budget de l’Etat présenté par le nouvel exécutif. »

    TRIBUNE de Jean-Christophe Lagarde – « J’aurais aimé pouvoir voter le budget de l’Etat présenté par le nouvel exécutif. Et, parmi les centristes et la droite progressiste, nous sommes nombreux dans ce cas. »

    Lire la tribune sur le Huffington Post

    Ce budget est d’abord le plus honnête depuis 15 ans. En cela, il tranche notamment par rapport au dernier budget de M. Hollande dont la Cour des Comptes avait souligné, après nous, l’insincérité et la manipulation. Il est aussi bien plus sérieux que ses prédécesseurs, car pour une fois, les économies annoncées ne sont pas fictives mais bien réelles, même si hélas elles se font plus souvent dans la poche des autres que de l’Etat lui-même. La dépense de l’Etat baisse vraiment en pourcentage du PIB et ne se contente plus d’augmenter moins vite qu’avant. Ce sérieux budgétaire, nous centristes, nous UDI, nous le demandons à corps et à cri depuis 15 ans au nom des générations que nous condamnons à payer nos dettes. Et ce sérieux est assumé, malgré l’irresponsabilité du précédent Chef de l’Etat qui a distribué les milliards payables en 2018 avant de quitter lui-même l’Elysée.

    C’est aussi un budget qui affirme une vraie stratégie économique, ce qui là encore tranche avec le quinquennat Hollande. Je partage cette stratégie qui consiste à tout miser sur les entreprises pour qu’elles créent des emplois en baissant leurs charges, en simplifiant et contractualisant le droit du travail, en orientant l’épargne vers l’investissement productif. A l’UDI, nous le disons depuis longtemps : pour faire reculer le chômage, il n’y a pas d’autre voie que de mettre le paquet pour permettre aux entreprises de gagner des marchés et donc créer des emplois au profit de ceux qui en demandent.

    Ce budget traduit des orientations intéressantes en matière de rétablissement de l’ascenseur social que n’aurait jamais dû cesser d’être l’Ecole de la République. Il affirme faire enfin de l’apprentissage une priorité, ce que là encore nous réclamons depuis 15 ans, même si cela ne devrait pas se faire au détriment des emplois aidés. Il marque une volonté d’augmenter enfin les moyens consacrés à notre sécurité extérieure et intérieure, qu’il s’agisse des Armées ou des forces de Police et de Gendarmerie, bien que cet effort reste insuffisant dans les deux cas. Il poursuit la lente croissance des moyens consacrés à notre Justice sinistrée, mais à un rythme insuffisant pour rattraper 20 ans de retard au cours desquels nous avons mis deux fois moins d’argent dans la Justice que les pays comparables.

    Enfin, sur le plan fiscal, la volonté d’afficher une trajectoire lisible, stable et donc prévisible, ce que nous demandons depuis des années, était indispensable et peut contribuer à faire revenir la confiance des entrepreneurs comme des consommateurs.

    Pourquoi donc ne pas voter ce budget qui présente d’évidentes qualités que n’ont jamais eu ses prédécesseurs ?

    Parce que « en même temps » ce budget est entaché d’erreurs, voire de fautes, qui auraient pu, qui auraient dû être corrigées.

    Bien qu’issue de la campagne présidentielle, l’augmentation de la CSG est l’erreur la plus lourde. Car si nous partageons la nécessité de réduire le coût du travail pour regagner en compétitivité, il ne suffit pas de la déplacer du patron vers le salarié. Il faudrait le transférer du travail vers la consommation. A ce titre l’augmentation de la CSG est une occasion manquée. Car M. MACRON poursuit et amplifie notre erreur nationale de faire porter le poids de toute notre protection sociale uniquement sur ce qui est produit en France, par les français, dans une économie devenue mondiale. En clair, tout ce que nous produisons finance nos médicaments, nos retraites, notre assurance chômage. Tout ce que nous achetons et qui est fabriqué à l’étranger est épargné du poids de nos charges sociales… Nos amis allemands l’ont bien compris et depuis 20 ans, en instaurant 3 points de TVA compétitivité, ils nous font payer à nous une partie de la sécurité sociale allemande. Il fallait avoir le courage, comme SCHRÖDER, de créer cette TVA compétitivité à la française sur le taux supérieur de la TVA au lieu d’augmenter la CSG et de monter ensuite des usines à gaz pour essayer de compenser la perte du pouvoir d’achat des retraités, des fonctionnaires ou des indépendants. Ainsi, la protection sociale qui nous est chère ne pèserait plus uniquement sur nos épaules.

    La suppression de la Taxe d’Habitation pour 80% des français, bien que progressive est évidemment populaire. Cela a fait recette dans débat électoral comme dans les urnes, comme toute mesure démagogique. Je dis démagogique car il n’y a aucune bonne raison de supprimer la Taxe d’Habitation sans toucher à la Taxe Foncière. Pour un logement, ces deux impôts locaux ont la même assiette, financent les mêmes collectivités locales, et sont payés par TOUS les français contrairement à une légende populaire très répandue. En effet, si la Taxe Foncière est payée au Trésor Public par le propriétaire, un locataire paye aussi la Taxe Foncière qui est comprise dans le loyer qu’il règle à son propriétaire, même lorsqu’il s’agit d’un bailleur social. Dans ma commune, par exemple, les locataires HLM payent à l’Office Public d’Habitat deux mois entiers de loyers qui ne servent qu’à payer la Taxe Foncière. Et cela qu’ils soient au RSA ou qu’ils gagnent 2500€ par mois… Car la principale différence entre la TH et la TF n’est pas ceux qu’elles frappent. La différence c’est que la Taxe d’Habitation tient partiellement compte des revenus ce qui n’est pas le cas de la Taxe Foncière. En clair, la Taxe d’Habitation est beaucoup plus juste que la Taxe Foncière qui est très inéquitable. Et c’est l’impôt le plus juste que la majorité décide de supprimer sans toucher au monstre d’iniquité qu’est la Taxe Foncière. Nous ne pouvons pas nous associer à cela !

    Une vraie réforme efficace et équitable eut été de fusionner ces deux taxes locales (ce qui est source de simplification et d’économies) et de les moduler en fonction des ressources des familles. Combien de temps acceptera-t-on encore ce scandale qui veut qu’un retraité veuf, propriétaire de son logement, paye la même taxe foncière que celle qu’il payait quand il était en couple et que les deux travaillaient ? Ses revenus ont pu être divisés par trois son impôt ne bouge pas ! Et c’est à cet impôt là que M. MACRON refuse de toucher…

    Résultat : L’injustice de la fiscalité locale n’en sera que plus grande. L’Etat trahira une fois de plus sa parole car il ne compensera la perte de recette que la première année et ne tiendra plus compte de l’inflation après. Et les communes seront sans doute contraintes d’augmenter l’impôt le plus injuste, la Taxe Foncière, le dernier qui leur restera, pour compenser la différence.

    La baisse des APL telle que prévue actuellement n’est pas seulement une erreur mais une faute. Pour réaliser 1,7 milliards d’euros d’économies, le Gouvernement impose une baisse des APL. Et simultanément il oblige les bailleurs sociaux à baisser les loyers du même montant pour que le locataire n’ait pas à payer la différence. En fait, l’Etat fait 1,7 milliard d’euros d’économie dans la poche des bailleurs. Et contrairement à ce que prétend le Gouvernement, rien ne vient sérieusement compenser les pertes de recettes des organismes HLM, ni des surloyers inapplicables, ni la vente des logements à des locataires insolvables, ni de meilleures conditions d’emprunt de demain alors que le problème est de rembourser ceux d’hier avec des recettes que l’Etat raye de la carte. Il y aura deux conséquences. D’une part des bailleurs qui avaient des budgets équilibrés et entretenaient difficilement les logements vont plonger dans le déficit et le service aux locataires devenu impossible (réparations, travaux, etc…) va se dégrader complètement. D’autre part, l’obligation de renoncer aux travaux prévus, voire au Nouveau Plan National de Rénovation Urbaine, va faire perdre des milliards d’activité aux entreprises du BTP, un des rares secteurs non délocalisable. On peut comprendre que l’Etat cherche la dizaine de milliards qui sommeille dans les comptes de quelques sociétés HLM, en particulier celles qui ne logent pas les populations vraiment en difficulté. Mais ce n’est pas la bonne méthode car en procédant ainsi, la baisse des APL, ce sont des logements qui se dégradent pour les locataires les plus fragiles et de la croissance en moins pour la France. A minima, pour éviter le précipice, le Gouvernement devrait allonger la durée des emprunts en cours d’autant de temps que nécessaire pour compenser ce hold-up, ne pas traiter de la même façon les organismes HLM selon qu’ils sont publics ou privés, et engager simultanément une révolution des aides à la pierre et de celles à la personne.

    La majorité se trompe en remplaçant l’ISF par l’IFI. Tous les pays qui ont créé un ISF l’ont supprimé ensuite. Aucun ne l’a remplacé par un autre impôt et ce n’est pas un hasard. L’ISF est un impôt inéquitable et inefficace. Inéquitable car les vrais riches ne le payent pas ou très peu. Inefficace parce qu’il contribue à faire fuir à l’étranger des contribuables dont nous devons payer ensuite tous les impôts qu’ils ne payent plus. Il faut donc le supprimer purement et simplement. En le remplaçant par un Impôts sur la Fortune Immobilière le Gouvernement fait d’abord courir un risque supplémentaire au secteur du bâtiment qui est déjà écarté de la Flat Tax, qui subit la hausse de la CSG contrairement aux actions, qui va voir baisser l’activité issue des bailleurs sociaux, et qui est seul visé par l’IFI. Ensuite, il crée des niches de richesses improductives pour l’emploi, comme le montre le récent débat sur les lingots et les yachts, sans garantir que l’argent épargné se dirigera vers les entreprises, l’innovation, la création d’emploi. Il nourrit donc un soupçon de favoritisme. Enfin, l’IFI est constitutionnellement discutable tant il est source d’inégalité devant l’impôt.

    Plutôt que cette erreur, il aurait été légitime de créer un Investissement Productif Obligatoire pour les personnes les plus aisées de notre pays. Plutôt qu’un impôt, il serait très légitime que les plus fortunés aient l’obligation d’investir chaque année une partie de leur fortune dans des fonds finançant les PME françaises afin de contribuer à la croissance et à l’emploi.

    Nous nous abstenons donc majoritairement sur ce budget qui présentait pourtant des qualités inédites. Car ces 4 erreurs principales auraient pu être évitées si la majorité savait écouter autre chose qu’elle-même, comme elle le prétendait avant les élections. En cela, cette majorité du « nouveau monde » ressemble déjà cruellement à celles de « l’ancien monde ». Celles qui ont toutes échoué en croyant toujours avoir raison seules. Car, pour un pouvoir, penser avoir toujours raison est bien le début de la déraison.

    Voir l’article complet sur le site de l’UDI : Tribune : « J’aurais aimé pouvoir voter le budget de l’Etat présenté par le nouvel exécutif. »